Après 9 ans d’observation du régime Ouattara, Seth Koko réapparait le vendredi 27 mars 2020 dans ce qu’il a appelé son coup de gueule.

Expert, consultant en diplomatie de lobbying, Auteur du projet du Dialogue inter-ivoirien sous le régime de Laurent Gbagbo, Seth KOKO s’était rapproché du président Ouattara suite à l’action de son association ACSCI (Alliance citoyenne de la Société Civile Ivoirienne) qui avait soutenue l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir en 2010. Rentré au pays depuis 2014, il exerce dans le privé avec son cabinet français, Ambassador Investis, un cabinet de Lobbying et conseil en investissement internationaux. Ce cabinet qui fait également la promotion de l’excellence entrepreneuriale est le promoteur de Gala Ivoire Builders (gala annuel de distinction des chefs d’entreprise) et de l’Ivoire Builders Forum. Après neuf ans d’observation de la gouvernance du RHDP, Seth Koko Très remonté contre le pouvoir Ouattara remet son manteau de leader de la société civile et sort de son mutisme dans ce message posté sur son compte facebook.

 »Je ne peux plus rester muet face à cette injustice croissante contre la population de mon pays. Je ne peux plus supporter cette trahison que le gouvernement fait à la population ivoirienne. Je ne peux plus également rester insensible face à la catégorisation des ivoiriens quel que soit la situation qui prévaut.De 2009 à 2011, je me suis illustré sur la scène en tant que leader de la société civile pour la défense des droits des populations parce que je ne supporte pas l’injustice. Dix ans après, je constate une injustice exacerbante dans mon pays.
Je m’étais tu, espérant que le Président Ouattara serait une réelle Solution comme lui-même se vantait lors de sa campagne électorale. J’espérais qu’il respecterait notre constitution, la démocratie, l’égalité des chances et l’ivoirien.Depuis bientôt 6 ans que je suis retourné dans mon pays, j’ai comme l’impression que le chef de l’État dirige un peuple qu’il n’aime pas ou qu’il ne connaît pas suffisamment… L’une de ses erreurs graves a été de déporter ses frères, ses concitoyens à la CPI, d’autres dans les prisons ivoiriennes et par la suite de mettre sous scellé le rapport de la CDVR; un rapport qui nous a pourtant coûté 16 milliards CFA. Il venait ainsi d’empêcher une réelle réconciliation de son peuple qui se regarde jusqu’à aujourd’hui en chien de faïence. L’autre erreur grave est la mauvaise gestion actuelle de la crise de Coronavirus ; cette pandémie qui risque de tous nous emporter pendant que le gouvernement montre des signes d’inefficacité. Notre gouvernement avec ses chiffres vertigineux de croissance et dont l’indice de sécurité pays est parfois comparé à celui de Londres ou de la Suisse, devrait décaisser une somme conséquente comme ces puissances-là le font, et prendre des mesures adaptées à nos réalités locales face à cette pandémie. Le pays devrait aussi être doté de services sanitaires appropriés pour faire face aux catastrophes naturelles… Malheureusement ce n’est pas le cas. On nous parle de 95,880 milliards annoncés comme d’habitude et le chef de l’Etat n’a pas précisé les postes de dépenses de la somme indiquée.

Face à tout ceci, devons-nous faire le Stoïcien ? C’est-à-dire s’abstenir et continuer de supporter ?
Eh bien non, parce que depuis, notre Côte d’Ivoire donne l’image d’une bouse de vache. La réconciliation a échoué, et notre programme de développement a été actionné sur des fondations très faibles. La preuve, face au Coronavirus, je constate un essoufflement de notre gouvernement, et notre système de sante montre déjà ses limites. Aujourd’hui, la Côte Ivoire a besoin d’une réconciliation vraie et sincère entre ses fils et filles pour faciliter le travail et un développement durable. La Côte d’Ivoire ne mérite pas cette réconciliation de façade et clanique que nous constatons de nos jours. Les ivoiriens ne méritent pas non plus qu’on tripatouille leur constitution et leur code électorale par ordonnance. Nous sommes assez intellectuelles pour faire la différence entre la démocratie et la dictature. Aucun pont, aucune voie bitumée, aucun métro et aucun hôtel ne peut sceller la réconciliation d’un peuple. Le peuple a besoin du respect de ses droits, de solidarité et d’unité pour faire son développement. Normalement un père sage, humaniste et réconciliateur bénéficie toujours du respect de ses orientations par les membres de sa famille ; hors dans notre cas, à quoi assistons-nous aujourd’hui dans cette Côte d’Ivoire?… Je reviendrai bientôt sur les 9 ans de gouvernance et la question de l’émergence qui nous a été promise…  » La société civile doit se réveiller pour ne plus répéter les mêmes erreurs. » a conclu celui lui-là-même que les leaders de la société civile ivoirienne appel affectueusement le père du cyberactivisme pour avoir été le premier à lancer cette activé en 2009 au début de Facebook en Afrique francophone.